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L’esprit du geste

Sans être un concept canonique de l’esthétique asiatique, l’esprit du geste est une notion parfois employée à propos des arts majeurs de la tradition sino-japonaise, la calligraphie, la peinture et les arts martiaux, afin de parler de l’essence du geste artistique. Dans la mesure où l’esprit ici renvoie à la philosophie qui est la tête du système, c’est un peu comme parler de l’esprit du capitalisme ; et cela revient au fond à dire qu’esprit du geste et philosophie du geste sont synonymes, à la condition toutefois de préciser qu’il s’agit d’une philosophie du geste artistique.

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Poésie de la grande ville

 
 

Projetant d’écrire une présentation de ma série de peintures KAOS, dans un premier temps, j’avais pensé l’appeler KAOS, poésie du paysage urbain. Si j’ai préféré l’appeler Poésie de la grande ville, c’est qu’en fin de compte, mon intention n’était pas seulement de présenter ces peintures en particulier, ni de réfléchir à la seule esthétique du paysage urbain, mais plus largement, de méditer sur le sens et le destin du paysage à une heure où celui-ci a aussi bien disparu des cimaises des galeries d’art contemporain que des motivations du peintre de la vie moderne dont Baudelaire fait un initiateur et un phare de la Modernité. Pour tout dire – c’est aussi le propos de cette méditation -, un tel peintre a si bien quitté la scène, que c’est à se demander s’il existe encore.

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La peinture gestuelle

La série de peintures Bonsaïs in dub représente l’aboutissement d’une recherche sur le geste que j’ai débutée en dessin dans les années 80, poursuivie en calligraphie dans les années 90, et développée en peinture dans les années 2000. Avec ces peintures, j’ai franchi un pas significatif dans ma quête d’expression, car elles ont ouvert ma recherche à une quête plus globale, une forme d’Art total qui intègre les pratiques de la performance et de la vidéo.

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Hommage au maître

Pour un peintre, rendre hommage à un maître, c’est s’inscrire dans une tradition, s’affilier à une lignée, se mettre en capacité d’hériter. A un demi-siècle d’écart, Manet et Picasso ont pris pour maître Vélasquez ; Cézanne s’est rattaché à Poussin ; Van Gogh a trouvé son inspiration chez Millet… Quant à moi, j’ai choisi Le Greco. Les raisons de ce choix ne m’ont pas toutes été d’emblée très claires. Avant que, d’étude en étude, crayons et pinceaux en main, j’ai peu à peu éclairci la nature de cette affinité, la peinture du Greco a longtemps exercé sur moi un attrait aussi puissant que mystérieux.

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