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Notre tardive Modernité

 
 

PREFACE

Sensibles, scabreux ou polémiques, il est des sujets dont on ne peut dire deux mots sans avertissement. L’art contemporain est de ceux-là. A plus forte raison, le projet d’une critique de l’art contemporain est de ceux qui ne peuvent faire l’économie d’une préface. En l’occurrence, il s’agit de savoir de quoi l’on parle et d’en informer le lecteur. Précaution d’autant plus nécessaire que le sujet est si controversé que, lorsqu’ils en parlent, ses partisans et ses adversaires ne parlent pas de la même chose ; que, de plus, lui-même se définit par un dépassement et une innovation qui font continuellement bouger ses lignes ; et qu’enfin, s’appliquant à des pratiques d’une infinie diversité, il désigne une nébuleuse si gazeuse qu’il met sa définition au défi et sa pensée en péril.

D’une part, il faut dire qu’au point de vue factuel, la notion recouvre l’immense champ d’à peu près tout ce qui se fait en Art de nos jours et que l’on peut découvrir dans les innombrables salons d’art contemporain qui, plantes particulièrement vivaces, fleurissent en toute saison jusque dans les moindres hameaux de France et de Navarre – où l’on n’organise plus d’ordinaires et désuets salons d’Art, mais de modernes et sémillants salons d