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La descente de la montagne

 
 

Le premier chapitre d’un roman philosophique.

Chapitre UN : AURORE.

Vers six heures du matin, là où les deux mondes se confondaient dans une égale obscurité, bien qu’il fût encore insensible, un invisible feu redessinait l’horizon effacé par la nuit.

Derrière le rideau noir, l’aube travaillait en secret à la résurrection de la terre et des cieux. Son obscure gésine s’apprêtait à leur rendre des identités englouties, à raviver des éclats qui n’avaient subsisté que dans le scintillement de la voûte étoilée, n’étaient restés attachés qu’à la couverte des prés, qu’au duvet des herbes givrées, aux branches pâles des forêts.

Hormis la réflexion de la lune sur ces fourrures laiteuses et le clignotement sur elles de scintillations de gel, aucune autre lumière, aucune maison, aucune bourgade n’étaient visibles sur le plateau qui s’étendait depuis le pied de la bâtisse d’où je contemplais le spectacle jusqu’aux cimes des volcans qui, des dizaines de kilomètres au sud, s’apprêtaient à redécouper l’horizon sur les cranes pelés des vieux ballons d’Auvergne.

Enfin, après un temps de noire